Rêve de jeune fille, devenir mannequin
Eblouie par ces corps au délié si parfait
Par ces photos sublimes sur papier glacé
Ne te fait pas manger dans ce lieu de requin.
Tu te pensais avoir la silhouette idéale
Aux courbes féminines, celle qui plaît aux hommes
Mais là-bas on te dit que loin d'être fatale
Tu dois d'abord gommer une graisse fantôme.
Alors pour satisfaire à leurs désirs voraces
Une pomme à midi et un yaourt le soir
Les jours suivants les jours, kilogrammes trépassent
Mais pour toi ce n'est pas ce que dit ton miroir.
Ayant enfin vaincu l'aiguille de la balance
Sous tous ces flashs avides, ils te jettent en pitance
Mais ton esprit ne peut mesurer cette chance
Car ton corps affamé ne suit pas la cadence.
Happée par ce tunnel aux méandres si sombres
Tu es si amaigrie qu'on ne voit plus ton ombre
Sur ce lit d'hôpital perdue dans les draps blancs
Yeux clos, face livide, finis sont tes tourments.
"Poème en hommage à un jeune mannequin, tuée par son métier".
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