Je sais qu'il me suffit presque de tendre la main
pour sentir ta chaleur.
Mais les mots me suffisent
L'espace de ta présence que je sens,
même si je ne te vois pas avec la nuit
tout ce qui fait cet instant si différent
des autres malgré l'angoisse,
ou peut-être à cause d'elle !
Transparence noire où brillerait
chaque éclat de la vie.
Laisse-moi m'approcher un peu plus,
avec ces mots que je cherche,
de longues heures nous séparent du matin.
Traversons-les ensemble.
Même si tu ne parles pas,
il y aura ce froissement d'un geste,
jambe décroisée,
ou
ta main droite longtemps
sous ton menton venant se poser
sur le bois sombre de la table
Ce bruit aussi
imperceptible
de la salive dans la bouche entr'ouverte
qui se referme,
ou autre chose encore, de plus infime
le battement d'un coeur
qu'on entendrait
à travers des couches de silence,
comme un appel
un signe traversant des siècles,
si proche soudain,
là,
dans la poitrine,
effrayant presque en sa fragilité...
Edw...
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