Lorsque je te crois douce comme une image,
Mais que je glisse une main pas très sage,
Dans l'échancrure de ton corsage,
Et que mon âme devient volage.
Lorsque je m'enfonce avec lenteur dans ta bouche,
Que tu te sers de mes lèvres, à la louche,
Et que la grise usure du temps se couche,
Pour qu'une étrange lumière te touche.
Lorsque tu tournes le dos avec gaieté,
Que je croise ton regard émerveillé,
Que tous tes sens sont révoltés,
Et que dans ton feu, je vais me jeter.
Lorsque nos mots deviennent muets,
Que ton refus devient désuet,
Que tu me veux dans le muguet
Et que je te prends comme jamais.
Alors je me crois en terre promise,
Et sous tous les ponts de Venise,
Et au temps revenu des cerises,
Et je te veux amour et non soumise !
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