Il était là, immobile,
Le corps prisonnier,
Dressé, un soir d'avril,
Sur la place du marché.
Les gens grouillaient,
Autour, malgré la pluie,
Indifférents, pressés,
Ils l'évitaient, sans bruit.
Son tronc majestueux,
Etait gravé de blessures,
Sa sève coulant, peu à peu,
Jusqu'à devenir pure.
Il brandit jusqu'aux cieux,
Ses branches qui fléchissent,
Sous le regard triste, des dieux,
Qui, sur son sort, réfléchissent.
Il faisait partie de notre vie,
Dans ce petit village endormi.
Cent ans se sont écoulés,
Pour finir, depuis découpé.
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