Don Juan est, sans âme,
Et même, un peu, infâme,
Brisant, les coeurs, au passage,
Tant, lui-même, est volage.
Don Juan est, si menteur,
Quand il débite, l'air rêveur,
Ses compliments, les plus subtils,
A la reine des imbéciles.
Don Juan est un félin,
Chassant, sous le nez des copains,
Ecartant, d'un coup de pattes
Celles, fidèles, qui se débattent !
Don Juan est adorable,
Quand il joue, au misérable,
Subjugué, par la Jeunesse,
Il bêtifie, avec maladresse.
Don Juan est hypocrite,
Quand il contemple, machiavélique,
Celle qui résiste, finalement,
A son charme, quel tourment!
Don Juan est un tombeur,
Cueillant les femmes comme des fleurs,
Humant, une à une, leur odeur,
D'un doux sourire connaisseur.
Don Juan est, en pleurs,
Contemplant, avec stupeur,
Celle, qui partageait sa vie,
Et qui le fuit, aujourd'hui.
Don Juan est mort, aujourd'hui,
Et devant lui, s'ouvre le Paradis;
Voyant un ange, aux formes charnues,
Il s'écrie : Oh mon Dieu! quel beau cul !
1998
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