Adieu Camille, retourne à ton couvent, et
lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'on empoisonnée, réponds ce que
je vais te
dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux
et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses,
vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les
phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a
au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces deux êtres si imparfaits et si
affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on
aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière,
et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois : mais j'ai aimé.
C'est moi qui ai vécu et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.
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