Elle est assise sur un banc
Le regard fuyant.
Ne voyant pas les gens
Qui passent lentement.
Elle est ailleurs
Dans son monde intérieur.
Faisant tourner dans son esprit
Les souvenirs de l'autre vie.
Le soleil, le vent, la pluie,
Les oiseaux, le ciel gris.
Les rires d'enfants,
Le café et le croissant.
Elle chante même dans sa tête,
Certains airs de fête.
Assise sur un banc
Elle a pourtant.
Quelquefois un geste élégant
Comme si elle enlevait un gant.
Pour passer une main encore belle
Dans ses cheveux rebelles.
Mais très vite, elle repart
Et détourne le regard.
Elle seule sait où elle va,
En parlant tout bas.
En prêtant l'oreille, en entend
Amour, tourments.
Voyages lointains
Chagrins.
Elle semble s'accrocher
A ces quelques souvenirs voilés.
Tout à coup, elle quitte le banc,
Aérienne comme le papillon.
Remet son châle prestement
Sort du square en boitillant.
Elle avait l'air si fatiguée,
Si lasse, que j'ai pleuré.
Je suis retournée là bas,
Pour voir, si elle était là.
Mais sur le banc, il y avait
Un moineau aux ailes brisées.
le 5 fevrier 2010
Retour vers Rêverie, les poèmes