De derrière mes carreaux,
A l'abri du froid et du chaud,
Je vois prendre vie la maison
Future enfant des deux maçons.
La bétonnière ronronne.
Enfournant le ciment et le sable
Dans la gueule toujours insatiable,
Le maçon, boulanger nouveau,
Pétrit sa pâte, ajoutant l'eau.
Hier il a fait un orage.
Les deux hommes,
Sont, aujourd'hui, torses nus
Et leurs muscles sous le bronzage
Se tendent sous l'effort soutenu
Pour poser les moellons de dessus.
Jour après jour, inlassablement, peu à peu
Les maçons travaillent à deux.
Maintenant ils sont tout petits
Le puzzle de leurs parpaings gris
Les domine telle une prison.
Demain,
Bientôt,
Quittant leur bébé élevé,
Ils monteront dans leur camion,
Laissant la place aux charpentiers
Et aux autres corps de métier.
6.5.08
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