Tant de vies et de rires,
Tout ce qui fait mes souvenirs,
Tout ce qui me rappelle, Toi et Moi,
Tout un monde fait de joies.
Dès ta première rage de dents,
Ou tu sanglotais doucement,
Les mains, sur ta joue, collées,
Et tes yeux, de larmes embués.
Nos chansons étaient enfantines,
Nous cueillions des bouquets d'églantines,
Les journées s'écoulaient, lentement,
Bercées par le bruissement du vent.
Puis vint l'âge de l'adolescence,
Où souffle la révolte comme un vent,
Tu reniais l'amour des gens, t'aimant,
Et mordais la Vie, à pleines dents.
Ton corps a changé puis grandi,
L'enfance, en toi, s'est enfuie;
De la chrysalide, enfin, est sortie,
Une belle jeune fille, aujourd'hui.
Vint l'instant ou tu devint femme,
Où tu enfantes et deviens brave,
Au milieu des tourments de la vie,
Où ta fille jette son premier cri.
Les années, rapidement, ont passé,
Sans arrêter ni te ménager,
Un seul instant de répit,
Maintenant, qu'en reste-t-il?
Quelques mois, encore à passer,
A souffrir, à attendre la fin du délai,
Comme un lasso qui t'enserre,
Tu te meures, d'un cancer,
Et je ne peux rien y faire !
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