Arrivée de bonne heure
Je monte dans l'ascenseur
Aucune de mes consoeurs
N'est ici à cette heure
Juste un mur de costumes
S'ouvre sur mon passage
Que de couleurs posthumes
Et fermés les visages
Je me retrouve au fond
D'autres montent à leur tour
Me serrant sans façon
Cernant tous mes contours
Sur ma gauche frôlement
Une main s'aventure
J'tourne la tête lentement
Juste un homme sans allure
Sur ma droite une caresse
Un chapelet de doigts
De l'autre côté j'adresse
Un dur regard ma foi
La lampe soudain s'éteint
Juste un problème technique
Une femme nous prévient
C'est une panne électrique
Aussitôt j'sens partout
Sur mon haut, sous mes bas
Des mains, des doigts du coup
Qui s'faufilent ici, là
Dans cette douce pénombre
J'ai juste fermé les yeux
Laisser ce matin sombre
Devenir jour radieux
Avide de tant de peau
Ils cherchent interstices
Où poser leurs drapeaux
En douceur, sans malice
Je me plait à rêver
Que je suis étirée
Un jouet entre leur mains
Un corps sans lendemain
Je sens ma sueur couler
Entre mes deux collines
Mon plaisir s'écouler
Entre mes lèvres fines
Je ne suis que le siège
De leur désirs avoués
Je le désire ce piège
Ou je serais fourrée
Mais j'entends sonnerie
Du coup j'ouvre les yeux
Mon réveil, mon mari
Juste un rêve radieux
Je me lève en vitesse
Je vais être en retard
Une toilette express
Un café sur l'départ
Un bouchon sur la route
Me laisse encore penser
Mon esprit en déroute
Par ce songe insensé
Arrivée au garage
Je sors de ma voiture
Élévateur à l'étage
J'attends son ouverture
Je monte dans l'ascenseur
Aucune de mes consoeurs
N'est ici à cette heure
Est ce réel ou un leurre ?
Je me retrouve au fond
D'autres montent à leur tour
Me serrant sans façon
Cernant tous mes contours...
le 18 janvier 2009 à 13:00 -
Retour vers Rêverie, les poèmes