D'un pas décidé et d'une fière allure,
Portant panier et jolie coiffure,
Perrette s'en allait de bon matin
Au marché, acheter ses fruits à pin
L'oeil rivé sur son popotin,
Pupilles dilatées, lèvres tremblantes de faim,
Victor, sans besoin de bois-bandé
Imaginait à quelle sauce il allait la manger
Perrette, de ses reins cadencés
Rythmait sa démarche chaloupée,
Sur son passage, les têtes se retournaient,
La belle, sur ses talons filait
Retenant leur souffle, à la limite de l'asphyxie,
Victor et ses semblables, tels des citrons-confits
Semblaient macérer dans leurs envies,
Obsédés par leur lubie
Quand les hanches balancèrent,
Dévoilant quelques mystères,
Pendant l'ascension des escaliers Colbert,
Des "ho !", des "ha !" s'élevèrent
Le sommet presque atteint failli achever les chauds-lapins
La belle trébuchant, le nez dans des ailerons de requins
Mais guidées par la pudeur, ses fines mains,
A leur vue, cacha son joli popotin
Victor et ses semblables, dépités,
Se transformèrent cette fois en filets de morue séchés,
Pestant contre la fatalité,
La méchante, les privant d'un trésor tant convoité.
Moralité :
A trop rêver, à trop vouloir...
On se retrouve toujours dans son jus... comme une poire...
Nov.2006
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