Eh Petit Prince, viens pas traîner dans le désert
Emmène plutôt sur ta planète
Ceux qu'on massacre sur cette terre
Enfant d'Irak ou du Koweït;
Les aviateurs, aujourd'hui
Ne dessinent plus qu'à la roquette
Des femmes et des enfants méchouis
Que l'oncle Sam mange en brochettes.
Les sérieux comptables civils,
Au jour le jour, tiennent le bilan
Dans le Golfe du cours du baril
De pétrole, de sueur, de larmes et du sang.
Ton roi qui ne savait que règner,
Il erre de casino en casino
Il claque son fric pour oublier.
Vue de New York, la guerre c'est beau
Le renard du désert par ici
Pas question de l'apprivoiser
Il n'écoute que le son du fusil
Et ne se déplace qu'en blindé
Et l'allumeur de réverbères
A d'autres consignes à appliquer
Mais le travail est aussi austère,
Y a qu'un bouton à enfoncer.
Ton serpent voyage s'est planqué
Car aujourd'hui c'est Big Brother
Qui avec ses jets et ses fusées
Organise des charters vers l'enfer.
Les fleurs sont brûlées au napalm
Comme au pays des matins calmes
Les moutons sont plus en caissette,
Le méchoui est fait à l'exocet.
La mort poursuit sa sarabande
Le désert s'appelle No Man'sLand
Et il n'y a jamais eu autant de monde
Mais l'odeur reste nauséabonde.
Eh Petit Prince, viens pas traîner dans le désert
Emmène plutôt sur ta planète
Ceux qu'on massacre sur cette terre
Enfants d'Irak ou du Koweït.
Retour vers Divers, les poèmes