Porté par le vent , l' avance d' un train bruissait
Au rythme d'horloge battu par la machine.
Le mouvement des blés entre les collines
De mille vagues les champs dorés, caressait.
Au loin, en la lumière crépusculaire ,
L' air vibrait encore, épais et bouillonnant
Dans ce déclin d'un jour caniculaire.
Des oiseaux du soir criaillaient, le sillonnant.
Là-bas , un tintement familier de cloche
Martelait diffusément la fuite du temps ,
Accompagné des derniers cris de mioches
Tout à leurs jeux, mais plus encor pour très longtemps.
Les odeurs et parfums vespéraux se mêlaient
Soufflés par un zéphyr sous le soleil couchant.
Vers des moments d'antan cela me ramenait,
Comme ceux, lorsque contre ma mère, j' étais,
Respirant sa peau imprégnée d' eau de jasmin
Et qu'avec patience, elle nous mitonnait
De bonnes choses au thym et au romarin.
Ou encore quand les douceâtres fragrances
Emanant du vieux figuier au tronc tortueux
Venaient flatter avec un peu d' insistance
Mes narines en un bouquet voluptueux.
Maintenant, tu étais là , blottie contre moi.
Tes cheveux longs et blonds effleurant mes lèvres,
J'en pouvais humer les accents de genièvre...
A ce moment , je me crus...non...: j' étais un roi !
En ce soir , je fus le gardien de ton sommeil.
Comme toujours , depuis des années , des lustres ;
Si fort et si fier de la mission illustre
De pourfendre toute cause de ton éveil.
"Dors bien mon Ange, bientôt le drap de la nuit
T' enveloppera doucement de sa tiédeur
Et veillera sur ton sommeil par sa splendeur
Madame La Lune qui déjà au ciel luit..."
Ce fut en ce bel instant , entre chien et loup,
Que je m' abandonnai dans les bras de Morphée...
23/05/2011
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